Conception
Intégrée. Interopérativité des méthodes
:
AF, QFD, AMDEC dans le cadre du projet PIRAMID.
Ecole Centrale - Paris Grande Voie des Vignes - 92295 Châtenay-Malabry
(France)
Carmen Martin, Jean-Claude Bocquet - Laboratoire Productique Logistique - (Thèse à lADEPA)
Résumé
La richesse et l'efficacité des recherches en
productique ont permis de mettre au point un grand nombre d'outils utiles
au concepteur pour appréhender les différentes phases de
son projet. La question n'est donc plus maintenant de savoir si les outils
existent mais concerne plutôt la bonne utilisation de ceux-ci.
Lintérêt de ce papier est de prouver
qu'une interconnexion entre ces outils peut être trouvée
dès les premières phases de la création du produit
permettant ainsi de réduire les temps de conception. Nous cherchons
également à démontrer l'utilité de cette recherche
de continuité pour éviter des répétitions
de tâches, coûteuses en temps, provoquées par une dissociation
complète des outils et des résultats que ceux-ci sont susceptibles
de fournir. Cet article vise également à mettre en évidence
que l'intégration dans une seule et même boîte noire
des différents outils est plus efficace en terme de complétude
des informations générées et recueillies que l'addition
des résultats issus des outils pris séparément.
L'intérêt de ce travail réside dans
le développement d'une plateforme multi-outils dont le but est
la minimisation des temps de conception par une exploitation plus judicieuse
des données provenant des outils à la disposition des concepteurs.
The wealth and efficiency of CIM research have made
possible to finalise a lot of tools which are very useful for a designer
to treat the various phases of his project. Now the question is not to
know whether the tools exist but rather how to make most of them.
The relevance of this paper is to prove that an interconnection
between these tools can be found during the first creation phases of the
project, which permits to reducer the design duration.
We have also tried to demonstrate the usefulness of
this research for continuity in order to avoid that costly tasks caused
by a complete dissociation of tools from expected results can be presented
from happening. The aim of this article is to bring to the fore that the
integration in a simple "black box" of the various tools in
more efficient far as the completivess of the data obtained and collected
is considered, than the sum of the result of separate tools.
The relevance of this work lies in the development
of a multi-tool platform whose aim is to minimise design duration through
a more judicious exploitation of the data obtained from the tools put
at the designers disposal.
1. INTRODUCTION
Le travail ici présenté fait partie
dun projet intitulé PIRAMID (Platform for Information Re-use
Among Methodological tools In the product Development), qui sintègre
dans le cadre du programme européen Eurêka soutenu en France
par le Ministère de lIndustrie et lANVAR. Les partenaires
français de ce projet sont : Matradatavision, TDC, Logicom et lADEPA.
Ce projet a comme objectif doffrir une meilleure
organisation du processus de conception par la réalisation dune
plateforme devant servir de base commune à tout projet en période
de gestation [4]. La multiplicité des outils développés
au cours de ces dernières années et de leurs objectifs distants
rendent le travail du concepteur difficile pour sélectionner les
supports méthodologiques nécessaires à loptimisation
de son projet sur le plan organisationnel comme sur le plan du produit
quil développe.
Notre travail est une contribution à ce projet
car lintégration proposée resterait incomplète,
sans linteroperabilité des différents outils. Parmi
la multitude doutils disponibles sur le marché actuel, nous
avons voulu centrer notre intérêt sur ceux pouvant s'intégrer
dans un macroprocessus basé sur la volonté de considérer
trois points de vue complémentaires :
Laspect fonctionnel, traité avec
la méthode de lanalyse fonctionnelle, et qui traduit les
besoins exprimés voire attendus par le client en spécifications
techniques, sous forme de fonctions.
l'aspect technique considérant les diverses solutions susceptibles
de répondre au besoin précédemment exprimé
et utilisant la méthode QFD (Quality Function Deployment ) qui
contribue dans ce cadre à l'évaluation des choix effectués
l'aspect fiabilité des produits étudié à travers
la méthode AMDEC (Analyse des Modes de Défaillance de leurs
Effets et de leur Criticité)
Nous proposons d'abord dans ce papier une structuration du domaine du
processus de conception du produit Nous décrirons ensuite chacune
des méthodes énoncées précédemment
. Dans un troisième temps nous montrerons les liens entre méthodes
et les différentes logiques d'enchaînement .
2. Approche standardisée de la représentation
des méthodes de conception
Une démarche actuelle permettant de mieux
cerner le processus de conception est de décomposer celui-ci en
différents domaines faisant apparaître les objets manipulés,
les techniques utilisées et les objectifs à remplir, comme
par exemple celle que nous permet détudier le processus de
conception selon une division en trois champs : la conception, lintégration
et la communication. Chacun de ces champs peut être étudié
dun point de vue de ses objets manipulés, ses techniques
utilisées et ses objectifs à remplir concernant les différents
processus de conception.
Cette manière dappréhender le problème
nous a semblé robuste et nous avons donc décidé de
lutiliser dans nos travaux. On pourra lire dans [8] en particulier
que le processus de conception sintègre dans un cadre quil
est possible de subdiviser en deux parties, lune abordant les problèmes
intrinsèques à la conception du processus lautre sattachant
aux stratégies de son pilotage et de sa gestion. La première
subdivision (la seule qui nous intéresse ici) est circonscrite
par la réponse à trois interrogations majeures : Que concevoir
?, Comment concevoir ?, Pourquoi concevoir ?.
L'aspect le plus épineux et celui sur lequel
nous voulons nous focaliser est sans conteste celui qui permettra de sinterroger
et dapporter des réponses sur les façons de concevoir.
Pour affiner encore la granularité de létude, nous
distinguerons dans le "comment concevoir " les outils, les activités
et les méthodes.
Nous tenons à faire la distinction entre outils
et méthodes en considérant quune méthode peut
utiliser des outils ou déboucher sur la mise au point dun
outil qui sera utilisé tel quel. Loutil a un caractère
plus concret et pour ainsi dire plus physique quune méthode
qui brasse données, supports et modèles selon des principes
et des règles moins palpables.
Une activité peut être considérée
comme un processus élémentaire de transformation de données
entre une entrée et une sortie. En conception, les activités
se comportent dynamiquement, cest-à-dire, que les données
sont une fonction du temps (temps de conception).
Dans létude des méthodes et des
outils de conception nous nous limitons volontairement à lexamen
de ceux appliqués au produit à concevoir que lon dissocie
des méthodes projet pour lesquelles le lecteur trouvera plus de
détail dans [6] Ce point de vue méthode est capital dans
le projet PIRAMID puisquil conditionne la suite du travail. Pour
chacune des méthodes qui vont suivre (A.F., QFD, AMDEC), nous présentons
un synoptique original de celles-ci résumées sous forme
synthétique par des fiches utilisant la "bête à
corne " comme mode de représentation. Lobjectif de ces
fiches est double. Dune part elles apportent une vision globale
de la méthode sous les points de vue suivants : A qui rend-elle
service ?, Sur quoi agit-elle ?, Dans quel but est-elle appliquée
?, Quelles sont les données dentrée et de sortie de
la méthode ?, Quels sont les éléments dont nous avons
besoin pour la mettre en pratique ?
Dautre part, elles doivent permettre didentifier
rapidement la nature des données susceptibles de servir à
lenchaînement des méthodes entre elles pour permettre
la réalisation dune plateforme de travail multiméthodologique.
3. Approche du type fonctionnel et par activité
des principales méthodes de conception.
Les méthodes de conception que nous allons
commenter et celles considérées comme représentatives
dans le projet PIRAMID sont : l'analyse fonctionnelle, le QFD, et l'AMDEC.
Cette liste nest pas exhaustive et lon pourrait également
sattacher à la description dautres méthodes
également largement utilisées comme la conception à
coût objectif ou les approches qualité TQM (Total Quality
Management), TQC(Total Quality Control). Mais le but visé nest
pas ici lexhaustivité mais le principe daction que
nous cherchons à mettre en évidence.
1. Lanalyse fonctionnelle
Cette méthode permet de parvenir à
une optimisation du produit du point de vue de la satisfaction de son
utilisation. Le produit se situe dans un environnement avec lequel il
interagit, et il est alors considéré comme un système.
La méthode considère alors ce système dun point
de vue de sa finalité, et met en évidence la qualité
dun produit par lexpression de son usage.
Les principes de la méthode, comme nous pouvons
lire en [2], [7] et [9] sont la matérialisation du produit et la
mise en évidence de ses composants fonctionnels.
Son application se déroule en trois étapes
: expression et description du besoin, définition des fonctions
attendues, établissement des blocs-diagrammes fonctionnels.
L'expression du besoin se traduit dans le vocabulaire
du produit par la notion de fonction. Trois types de fonctions sont utilisés
par la méthode : les fonctions principales, les fonctions contraintes
et les fonctions de conception.
La fiche synthèse de la méthode, répondant
aux questions formulées précédemment apparaît
sur la Fig.1 ci-dessous.

Figure 1 : Représentation synthétique
de l'Analyse Fonctionnelle
Le déroulement de cette méthode
implique de passer par les phases suivantes : Délimitation du milieu
extérieur, Détermination des phases d'utilisation, Formalisation
du besoin, Contrôle de validité.
La phase de caractérisation du besoin et du contexte
dutilisation du produit est primordiale puisqu'elle conditionne
la mise en place de ses fonctions. L'analyse fonctionnelle sera ensuite
d'autant plus simple que le besoin exprimé est clair. Le choix
de l'architecture finale sera déduit par optimisation du degré
de satisfaction global de l'ensemble des fonctions du produit.
2. Le QFD
La méthode QFD (Quality Function Deployment)
permet de cibler les justes paramètres nécessaires pour
satisfaire le client, travailler sur la qualité perçue et
découvrir tôt dans le cycle de déroulement du projet
les points sensibles pour lesquels des mesures préventives pourront
et vraisemblablement devront être prises.
Daprès les travaux de [1], [3], et [5]
cette méthode permet de répondre à trois questions
: quelles sont les attentes clients à considérer en priorité
pour assurer la réussite commerciale du produit ? , Quelles sont
les réponses techniques à privilégier ? Et quelles
sont les difficultés potentielles du cycle de développement
de produit ? . La réponse à ces questions est apportée
par une équipe projet formée de personnes complémentaires
réunies autour de la problématique à solutionner.
Comme son nom lindique la méthode sappuie
sur un déploiement de matrices. La méthode QFD ne peut être
déroulée sans définir préalablement les objectifs,
qui sont différents selon le contexte et le résultat attendu
: développement du produit et mise en uvre du service, fiabilisation
d'une réponse à appel d'offres, analyse de satisfaction,
mise en place d'une nouvelle organisation,...
La fiche synthèse de la méthode
est représentée sur la Fig. 2.

Figure 2 : Représentation synthétique
du QFD
Le QFD est mené surtout en phase amont
d'un nouveau projet, à un stade où le large éventail
de choix est encore possible. La démarche consiste à traduire
la voix du client dans le langage des ingénieurs de développement.
Les principaux éléments à prendre en compte dans
ce cadre sont alors : Les critères de valeur du produit, les
enquêtes marketing, les matrices relationnelles, la sélection
des paramètres critiques.
3. AMDEC
LAMDEC utilise les caractéristiques dun
produit permettant d'instaurer un dialogue entre plusieurs entités
de l'entreprise comme le bureau d'études, les services de design,
les personnels chargés de la réalisation, de l'industrialisation,
de la commercialisation, de la maintenance, du service après-vente,...
en prenant en compte plus précisément le triptyque produit-procédé-processus.
Des nombreux auteurs ont écrit sur cette méthode et nous
soulignons les travaux de [2] qui nous montre que l'analyse des modes
de défaillance de leurs effets et de leur criticité (AMDEC)
doit permettre au groupe d'anticiper d'éventuels aléas.
Cette réflexion conduira naturellement aux solutions techniques
ou organisationnelles destinées à faire disparaître
ou tolérer les modes de dysfonctionnement potentiels.
L'AMDEC constitue donc un système extrêmement
puissant d'aide à la conception des systèmes. L'AMDEC
permet de déterminer les points faibles d'un système et
d'y apporter des remèdes, de préciser les moyens de se
prémunir contre certaines défaillances, de faire dialoguer
les personnes concernées par un projet, mieux connaître
le système, et principalement d'étudier les conséquences
de défaillance vis-à-vis des composantes majeures de la
sûreté de fonctionnement : fiabilité, disponibilité,
sécurité, maintenabilité,...
Les principales phases d'application
de la méthode sont représentées dans la Fig. 3.

Figure 3 : Représentation synthétique de l'AMDEC
4. Liens entre méthodes
Le présent paragraphe va sattacher
à mettre en évidence une représentation permettant
de définir des liaisons entre les méthodes de conception
que nous avons précédemment décrites. Lobjectif
est de définir une plateforme de conception guidant le concepteur
dans son travail. La connaissance des méthodes et leur situation
sur léchiquier du développement permettra en effet
dorienter la conception en disposant des fils conducteurs conduisant
à la définition du produit.
Les méthodes de conception que nous avons présentées
tendent à se vulgariser et font désormais partie de la
"boîte à outils " des personnes en charge des
études de définition. Notre volonté nest
donc pas ici de les commenter davantage. En revanche, les liens permettant
de passer dune méthode à une autre sont mal définis
et le concepteur ne dispose pas à lheure actuelle dune
vision globale et panoramique de la disposition de ces méthodes
dans la chronologie des tâches de développement. Un travail
de mise en évidence des relations intimes ou au contraire marginales
entre les méthodes permettrait donc daméliorer certainement
la rentabilité et lefficacité du processus de conception.
Sans vouloir présager des résultats
potentiels, il semble que le chantier en cours, objet du projet PIRAMID
et dont les prémisses sont discutées ici sera bénéfique
à deux niveaux.
Dune part il devrait faciliter le travail
du concepteur qui aura une vue plus détaillée de lenchaînement
des opérations. La succession des tâches devrait en effet
être en partie déduite des relations établies entre
les méthodes et de la caractérisation des objectifs liés
à leur emploi.
Dautre part, il devrait contribuer à augmenter la complétude
du processus de conception par une meilleure intégration des
données et contraintes issues des services aval à la définition
du produit (méthodes, fabrication, maintenance, contrôle,
client,
) mais aussi par une prise en compte accrue des spécifications
mentionnées au niveau des cahiers des charges.
A ce stade nous pouvons assurer que l'expression de la logique de liens
entre les données susceptibles d'être échangées
entre les différentes méthodes va donner une robustesse
au processus de conception. Les liens entre méthodes, contribuent
ainsi à fiabiliser ce processus de conception. Dans ce papier
on sintéresse à laspect macroscopique de lenchaînement
des méthodes, donc à la mise en place des flux qui les
traversent. Il ne précise pas la nature exacte des données
les constituant. Ce travail est en cours et il fera lobjet de
futurs résultats.
1. Le processus de conception
La définition dun bien ou dun
service nécessite de véhiculer un nombre important de
paramètres. Ces paramètres peuvent dans la majeure partie
des cas prendre plusieurs valeurs ce qui conduit naturellement à
la définition de variables de conception. Les méthodes
associées au processus de développement et plus particulièrement
celles utilisées lors de la définition du produit sappuient
sur des données initiales ou issues de traitements précédents
pour instancier elles-mêmes les variables quelles manipulent
et, ce faisant, les transformer en données réutilisables
par la suite. La Fig. 4 représente ce phénomène
en cascade.
4. Liens entre méthodes
Le présent paragraphe va sattacher
à mettre en évidence une représentation permettant
de définir des liaisons entre les méthodes de conception
que nous avons précédemment décrites. Lobjectif
est de définir une plateforme de conception guidant le concepteur
dans son travail. La connaissance des méthodes et leur situation
sur léchiquier du développement permettra en effet
dorienter la conception en disposant des fils conducteurs conduisant
à la définition du produit.
Les méthodes de conception que nous avons présentées
tendent à se vulgariser et font désormais partie de la
"boîte à outils " des personnes en charge des
études de définition. Notre volonté nest
donc pas ici de les commenter davantage. En revanche, les liens permettant
de passer dune méthode à une autre sont mal définis
et le concepteur ne dispose pas à lheure actuelle dune
vision globale et panoramique de la disposition de ces méthodes
dans la chronologie des tâches de développement. Un travail
de mise en évidence des relations intimes ou au contraire marginales
entre les méthodes permettrait donc daméliorer certainement
la rentabilité et lefficacité du processus de conception.
Sans vouloir présager des résultats
potentiels, il semble que le chantier en cours, objet du projet PIRAMID
et dont les prémisses sont discutées ici sera bénéfique
à deux niveaux.
Dune part il devrait faciliter le travail
du concepteur qui aura une vue plus détaillée de lenchaînement
des opérations. La succession des tâches devrait en effet
être en partie déduite des relations établies entre
les méthodes et de la caractérisation des objectifs liés
à leur emploi.
Dautre part, il devrait contribuer à augmenter la complétude
du processus de conception par une meilleure intégration des
données et contraintes issues des services aval à la définition
du produit (méthodes, fabrication, maintenance, contrôle,
client,
) mais aussi par une prise en compte accrue des spécifications
mentionnées au niveau des cahiers des charges.
A ce stade nous pouvons assurer que l'expression de la logique de liens
entre les données susceptibles d'être échangées
entre les différentes méthodes va donner une robustesse
au processus de conception. Les liens entre méthodes, contribuent
ainsi à fiabiliser ce processus de conception. Dans ce papier
on sintéresse à laspect macroscopique de lenchaînement
des méthodes, donc à la mise en place des flux qui les
traversent. Il ne précise pas la nature exacte des données
les constituant. Ce travail est en cours et il fera lobjet de
futurs résultats.
1. Le processus de conception
La définition dun bien ou dun
service nécessite de véhiculer un nombre important de
paramètres. Ces paramètres peuvent dans la majeure partie
des cas prendre plusieurs valeurs ce qui conduit naturellement à
la définition de variables de conception. Les méthodes
associées au processus de développement et plus particulièrement
celles utilisées lors de la définition du produit sappuient
sur des données initiales ou issues de traitements précédents
pour instancier elles-mêmes les variables quelles manipulent
et, ce faisant, les transformer en données réutilisables
par la suite. La Fig. 4 représente ce phénomène
en cascade.
Figure 4 : Séquencement des méthodes de conception
Lidée initiale à lorigine
dun projet fait lobjet dune étude de faisabilité
technique et commerciale qui, dans lhypothèse dune
issue favorable, conduit au démarrage du processus de conception.
Le processus véhicule des informations représentées
sous forme de champs de données Di. Chaque champ Di est un vecteur
colonne dont les composantes sont les données élémentaires
dkij où k sert à lidentification de la donnée,
i représente le numéro du champ et j désigne létape
du processus ayant permis linstanciation de la variable et sa
transformation en donnée. Les champs des variables Vi intègrent
la représentation au niveau de loutil dont lexploitation
nécessitera la connaissance des variables concernées.
Chaque champ Vi est également un vecteur colonne. Ses composantes
sont les variables élémentaires vki où, selon la
même symbolique, k permet didentifier la donnée et
i correspond au numéro de la méthode qui la requiert pour
le traitement.
De même quun enchaînement
purement séquentiel, nous pouvons envisager une parallèlisation
totale, comme celle représentée dans la Fig. 5
Figure 5 : Parallélisme des méthodes de conception
Cette nouvelle configuration considère
que les méthodes sont dédiées et indépendantes
les unes des autres. Les champs de données Di qui les approvisionnent
peuvent en revanche sintercepter. Deux méthodes peuvent
en effet nécessiter des données partiellement semblables
pour délivrer les résultats attendus après un traitement
approprié. Mais dans ce type de disposition il apparaît
clairement que les méthodes sont exploitées de manière
autonome en saffranchissant des conclusions tirées de lexploitation
des autres outils parallèles. En final, chaque méthode
délivre un champ de résultats correspondant à une
partie Si (i représentant le numéro de la méthode)
du cahier des charges de conception.
Dans lesprit de beaucoup de "spécialistes
" cest ainsi que doit être abordée la démarche
de conception (strictement séquentielle, strictement parallèle).
Les méthodes sont généralement considérées
selon les spécificités qui les caractérisent sans
tenir compte de lorigine des données nécessaires
à leur utilisation. Ces dernières sont la plupart du temps
sensées être connues et la question de leur origine nest
pas souvent posée. La réflexion se situe principalement
au niveau de lapport de la méthode sur le cahier des charges
de conception.
Les méthodes sont essentiellement
décrites par leur valeur ajoutée, et font peu référence
à la disponibilité des données quelles utilisent,
cest pourtant cette disponibilité qui conditionne le processus
de conception. Ce type de raisonnement débouche sur les flux
hybrides du type de ceux de la Fig. 6.
Figure 6 : Disposition hybride des méthodes de conception
Les chemins conduisant à la définition
dun cahier des charges de conception sont complexes et mettent
en jeu des mécanismes de réflexion quil est difficile
de décrypter. A travers lutilisation dune méthode
particulière, le concepteur se base le plus souvent sur des résultats
implicites fruits de traitements intellectuels assimilables en soi à
des méthodes. Interpréter et traduire le cheminement de
la pensée ayant conduit au choix des spécifications est
dautant moins évident que la diversité des projets,
le nombre non négligeable des méthodes et la "mollesse
" des données (tout nest pas quantifiable) compliquent
lexercice. Comme on peut le voir sur lexemple de la Fig.
6 lagencement des méthodes est tel que celles ci peuvent
se combiner selon des modes distincts. La contribution à lapprovisionnement
du cahier des charges peut nécessiter lutilisation de méthodes
enchaînées ou séparées. Le traitement de
lensemble des ramifications horizontales de larborescence
mise à jour mène à létablissement
de spécifications partielles. Ces spécifications peuvent
se contredire selon les objectifs poursuivis au niveau considéré.
Un traitement ultime intégrant des notions de priorité
permettra alors daboutir à un cahier des charges de conception
lissé combinant au mieux lensemble de toutes les contraintes
et débouchant sur un produit final optimal.
Cest par le traitement de lindépendance
de lutilisation de telle méthode ou de tel enchaînement
de méthodes que lon peut paralléliser sur lexemple
de la Fig. 6, par exemple que la méthode 5 est indépendante
de lenchaînement des méthodes 1,2 et 3, ou bien dire
que la méthode 4 est indépendante de la méthode
1.
2. Schémas directeurs et principes méthodologiques
La complexité de mise en place de la cartographie
de méthodes dont nous avons parlé jusqualors requiert
de sappuyer sur une méthodologie générique
adaptable à tout projet de développement. Ce travail est-il
viable ? Rien nest moins sûr. En effet, les spécificités
attachées aux différents projets rendent chacun deux
unique. La généricité de la méthodologie
devra donc être suffisante pour sapproprier les paramètres
propres caractérisant le projet. Le travail devra consister à
mettre tout dabord en évidence une typologie de projets
à partir de lobservation de plusieurs combinaisons possibles
dans lordre denchaînement des méthodes. La
liste des méthodes utilisables dans le projet sera dressée.
Elle nest pas limitative et peut aller au-delà des méthodes
déclarées (AMDEC, QFD, Analyse Fonctionnelle).
Lidentification du positionnement des méthodes
de conception devra nécessairement sappuyer sur la notion
de données transférées. Cest donc à
ce niveau que le travail amont de description détaillée
des outils, objets des fiches du paragraphe précédent,
prend tout son sens.
Le développement dun produit optimal
requiert de sinterroger sur un ensemble de paramètres liés
au produit et caractérisant son utilisation bien sûr, mais
aussi son mode de fabrication ou de contrôle, son entretien et
la totalité des étapes se succédant dans le déroulement
de son cycle de vie. Lensemble de ces questions va nécessiter
lutilisation de méthodes dédiées permettant
dappréhender les paramètres importants. La méthodologie
consiste donc à partir du produit ou du projet et par un zoom
arrière adapté à remonter dans un premier temps
aux données vitales et par déduction logique dassocier
dans un deuxième temps les méthodes permettant leur obtention.
Dans la suite, nous allons représenter de façon
qualitative, la différence des résultats obtenus à
partir de deux enchaînements de méthodes différents
:
Dans le premier cas, nous allons traiter le problème
de la conception d'un produit, avec la seule méthode QFD. Comme
nous l'avons expliqué précédemment, cette méthode
nous offre un éventail des possibles solutions techniques satisfaisant
les différentes fonctionnalités du produit. La complétude
des résultats sera fragilisée par lisolement provoqué
par lutilisation dune méthode unique.
Dans le second cas, nous proposons un enchaînement de méthodes
plus complet.
Dans ce cas, nous appliquons aussi la méthode QFD, mais elle
est précédée d'une AF qui va nous assurer que la
solution technique que la méthode QFD nous apporte, s'adapte
au mieux aux besoins des clients, formalisés grâce à
cette méthode sous forme des fonctions. Nous faisons également,
une étude de marché afin d'étudier la place de
nos produits parmi ceux de la concurrence. Enfin la réalisation
d'une AMDEC, nous permettra de prévoir les causes de défaillance
de notre produit.
Cet exemple montre que si lon part de
la base quune méthode verrouille en termes de qualité,
un champ réduit du produit (par exemple : lAF verrouille
lusage, lAMDEC verrouille le risque et le QFD verrouille
les technologies), utiliser une seule méthode ne sert à
verrouiller quun seul point de vue.
Conclusion
En partant de l'observation qu'aujourd'hui, aucune
méthode nest réellement complète pour couvrir
les différentes phases, depuis l'analyse des besoins jusqu'à
la fabrication du produit, l'idée d'une approche intégrée,
associée à la mise en place de procédures adaptées
de conception et d'industrialisation de produits pour profiter des savoir-faire
de l'entreprise, est l'élément innovateur du projet PIRAMID.
Les caractéristiques intrinsèques de
chaque méthode délimitant leur cadre daction avec
une assez grande précision, un travail de mise en relation devra
intégrer les notions de données à transférer
et données attendues en fonction du niveau davancement
atteint dans le déroulement du processus de conception Ce travail
danalyse sera déduit de la mise en application dune
méthodologie déterminée donnant accès à
la représentation dynamique du changement détat
des techniques de conception.
Néanmoins, la diversité des projets
et des produits rend les études distinctes et complique la mise
en uvre dune plateforme de développement unique.
Un important travail danalyse doit donc dabord être
mené pour capter les éléments spécifiques
au projet en cours et adapter le panorama et lenchaînement
des méthodes et outils en conséquence.
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dans le domaine des services. Cahiers de la documentation, 1994, 2 pp.
39-42
Congrès Primeca. La Plagne (3-5 avril 1999)
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